Mardi 16 juin 2026 à CARNON
Chères Annie et Anne
Chers amis Cissou
Quand viennent les beaux jours et les soirées chaudes, quand le terrain d’Ovalie ne peut plus aspirer notre transpiration, nous avons pris l’habitude de poursuivre nos entrainements en bord de mer, seul élément naturel capable d’absorber nos pertes liquides sans sourciller.
Tout cela n’est qu’une histoire d’eau, en fait.
Je précise tout de suite, pour les esprits tordus, que cela n’a rien à voir avec le roman de Pauline Réage, publié en 1954 et au thème BDSM.
Aux Cissou, BDSM se traduit par : Boire Déconner et Se Marrer !
Et c’est donc cette thématique de l’eau qui nous a conduits à Carnon, puis chez Jean Marie et Annie LEMAIRE.
Jean Marie aimait profondément l’eau et pas seulement en dilution de 5 volumes pour 1 de liqueur anisée…. (Si je rappelle ces proportions, c’est pour aider Didier et aussi Dédé Burgos qui ont tendance à modifier la formule).
Donc Jean Marie était un homme de l’eau.
Toute sa carrière professionnelle a tourné autour du sang et du plasma, constitué à 90% d’eau. Mais cette eau interne, qui l’a passionné, n’a en rien assouvi son désir de s’y plonger et d’en parcourir la surface.
« Que d’eau, que d’eau » disait le Maréchal président Mac Mahon en 1875 à Toulouse, en observant une terrible crue de la Garonne. Ce à quoi le préfet de la ville aurait répondu : « Et encore, monsieur le Maréchal, vous n’en voyez que le dessus ! »
C’est donc la surface de l’eau qui attirait notre ami.
Le choix de son habitation principale, ici même à Carnon, les pieds dans l’eau, en est la meilleure illustration.
Une de ses activités sportives était aussi la navigation à voile et Jean Marie était un excellent barreur. J’ai eu l’honneur de l’accompagner avec mon épouse lors d’une régate et j’en garde un excellent souvenir.
Il fallait voir son sourire pincé trahir son plaisir de glisser sur les vagues. Au cours d’une de nos soirées d’été au restaurant du Lamparo, du temps de Bosco et Sophie, il avait traversé le canal à la nage de nuit, après le repas, en pleine digestion……L’histoire ne dit pas si, ce soir là, il n’avait bu que…de l’eau !
Lors des tournées rugbystiques du club, nous avons eu le plaisir de partager des apéros d’anthologie sur des felouques au milieu du Nil au Caire ou sur une Ile à Louxor.
Lors du voyage en Croatie, j’ai oui dire qu’il avait gouté aux eaux turquoises et chaudes de l’Adriatique en sautant du bateau.
Mais pour tous ceux qui l’ont vécu, le bain de mer au Chili, sur une plage au bord du Pacifique, cernée de restaurants bondés de convives, restera un souvenir inaltérable de franche rigolade.
Cette baignade, initiée par quelques Cissou habitués des criques désertes ou des Aresquiers, nous a révélé la vraie attirance de Jean Marie pour l’eau.
N’ayant pas anticipé l’évènement balnéaire, il a tout simplement suivi l’exemple du groupe et couru en zigzagant, en tenue d’Adam, jusqu’aux vagues pour un plongeon libérateur.
La suite est aussi savoureuse.
Revêtu de sa seule chemise et masquant ses parties intimes de son blazer, il saluait les dineurs qui avaient interrompu leur dessert pour ce spectacle improvisé.
Il faut croire que cela n’a pas dû plaire à tout le monde car la maréchaussée chilienne a fait rapidement irruption et interrompu la prestation des acteurs.
Depuis les premiers instants de la vie, notre corps a baigné dans l’eau.
Le liquide amniotique, bien sûr, l’eau bénite du baptistère ensuite, pour se poursuivre avec l’eau du bain qu’il faut éviter de jeter avec son contenu…..
Jean Marie a gardé ce contact aquatique toute sa vie, un peu comme s’il n’avait jamais voulu vieillir et prolonger l’insouciance de l’enfance et les éclats de rire qu’elle engendre.
Nous pensons bien à toi qui nous attends dans l’eau ……de là bas.
Paul de PARZIA