1961 .......
Une guerre qui ne dit pas son nom débute en Algérie.
Oui, mais le rugby ce n'est pas la guerre…enfin à Béziers, ça se discute ….
Un homme est envoyé dans l'espace pour la 1 ère fois, en URSS.
Oui, mais le rugby des grands espaces n'est pas vraiment l'apanage des Biterrois....
La construction du mur de Berlin débute, réputé infranchissable.
Comme la défense rugueuse des 3èmes lignes Biterrois qui se résume en cet aphorisme : " On ne passe pas ! "
Les machines à laver et sécher le linge n'ont pas encore remplacé les lessiveuses.
Oui, et la corde à linge fait merveille pour sécher les draps et les adversaires
Le frelon asiatique n'a pas encore envahi l'Europe
Oui, mais le frelon Biterrois est tout autant redoutable. Heureusement son biotope est plutôt restreint à un demi hectare de verdure, près du canal, après le pont noir, au lieudit "Sauclières"
1961 ........L'équipe de rugby de Béziers devient championne de France pour la 1 ère fois de son histoire. Il faudra attendre 10 ans et une nouvelle génération de joueurs pour revoir le Bouclier de Brennus sur les Allées Paul Riquet, avec un bail reconduit 10 fois de 1971 à 1984.
François RONDI, dit " le Frelon ", spécialiste de la Corde à linge, avait alors 26 ans.
1977 …Jeune retraité des terrains à 42 ans, François souhaite conserver et transmettre ce plaisir de jouer entre copains et partager la convivialité des 3ème mi-temps.
Avec quelques complices, il sera l'un des fondateurs du plus ancien club de vétérans du Rugby de France : LES CISSOU BOYS.
Et quels compères ! Francis A. dit " Cissou ", Michel Pla, Jean Marie L, Jacques L, Jacky B., Denis P., Dan S., Michel Pey., André Ch. dit "la godasse", Christian H., René V., Jean Claude P. pour ne citer que les plus anciens.
Une amitié de près d'un demi-siècle va les unir et agglomérer autour d’eux, sur 5 décennies, plus d'une centaine d'anciens joueurs qui partagent leurs valeurs.
Les tous derniers intronisés n'existaient même pas en tant que spermatozoïde, destiné à féconder l'ovocyte de leur mère, à l'époque de la genèse de ce club.
Mais ils en ont adopté l'esprit et les traditions.
Et c'est pour cela que le Club des CISSOU BOYS vit encore.
4 Février 2025, François à 90 ans !!!!!
Ses amis de toujours ont réussi à l'extirper de sa banlieue Biterroise pour l'honorer comme il se doit dans le Club House où les murs transpirent et chuchotent tant de souvenirs.
Près de 60 convives, anciens, actifs et sympathisants avaient répondus présents.
Les plus jeunes ont dû être surpris de découvrir un homme svelte, au maintien élégant et droit, les cheveux blancs uniformes, le visage peu marqué par les rides, l'œil vif et le verbe alerte,
Bref, tout l'opposé d'un vénérable vieillard. La tenue de gala, chemise blanche, cravate et blaser accentuait encore sa prestance.
Les plus anciens, eux, savaient de quelle trempe est fait notre François !
Sportif dans l’âme, il avait entretenu ce corps en modérant les excès et en pratiquant le cyclisme à un niveau auquel peu de jeunes pouvaient prétendre.
Chacun a pu converser avec lui et il a longuement débattu avec un invité de marque : Bernard VIVIES, ancien N° 10 d'Agen et International. Un dialogue de connaisseurs, sans aucun doute.
Le repas fut dans la tradition du terroir. Pas de cuisine Moléculaire au Cissou !
Une soupe aux légumes de type Garbure, mais sans ail, vint caler les petits estomacs.
Ah, on voit bien que Michel P. a déserté les fourneaux.
Sa Garbure à lui vous stérilisait le tube digestif de tout Tænia pour l'année à venir, vous éloignait les mouches pour un mois et vous interdisait la moindre approche féminine pour une semaine. Sans parler de la nuit blanche qui suivait le repas ….
Après cette entrée toute en finesse, vint le plat principal : Tripoux à l'aveyronnaise et pomme de terre vapeur. Un classique au club, toujours apprécié par les fines gueules.
C'est un plat léger, sans gras, sans arête, facile à digérer, si bien que nombreux furent ceux qui osèrent "redoubler " (normal, avec le gras double ...).
Le tout arrosé d'un savoureux vin de Murviel, près de Saint Georges d’Orques, petit clin d'œil à François qui y vécu de nombreuses années.
Après la parenthèse fromagère, vint l'heure du gâteau.
Deux magnifiques millefeuilles décorés de feux d'artifice !
A partir d'un certain âge, mieux vaut éviter les bougies si on ne veut pas déguster de la cire ….
Et puis........à l'inverse des banquets d’Astérix, le Barde (autre surnom de François) n'a pas fini ligoté et bâillonné, au contraire !
Il nous a dirigé, en vrai chef d’orchestre, tout en mime et grandes gesticulations, la chanson qui mêle le jour de l’an, la rondeur du fondement, un mandarin, un obus et bien sûr l'artillerie de marine !!!
Un compère a enchainé avec un chant à l'honneur d'une agence immobilière ayant un bien à louer, un peu sombre à l'extérieur mais d'intérieur cosy, au bord d'une route où des cantonniers auraient fait preuve d'exotisme ...
Pour conclure, le café et les digestifs ont permis de se retrouver au bar pour de derniers échanges et brasser tant de souvenirs.
Une grande soirée en l'honneur d'un grand Monsieur.
Merci François de l'exemple que tu donnes et longue vie à toi.
Paul de Parzia